Patrimoine

Ville de Clairac

En 1482, Louis XI avait accordé des droits au chapitre de la cathédrale du Latran à Rome sur l’abbaye de Clairac. Mais l’essor du protestantisme dans la région empêchait ce dernier de percevoir ces revenus. (Attention, cette information est erronée. Louis XI a accordé un certain nombre de largesses au chapitre de Saint-Jean de Latran, mais pas les revenus de l’abbaye de Clairac).

Le 22 septembre 1604, Henri IV accorde au chapitre de Saint-Jean de Latran les revenus de l’abbaye bénédictine de Clairac. En contrepartie, le chapitre fait ériger une statue à l’effigie du roi de France, auquel il attribue le titre de « chanoine d’honneur ». Par ailleurs il fait célébrer une messe pour la prospérité de la France le 13 décembre, jour anniversaire de la naissance d’Henri.

Durant les révoltes huguenotes, après avoir pris la ville de Saint-Jean-d’Angély, Louis XIII prit la décision de se porter vers le sud avec le gros de ses troupes pour soumettre la Guyenne, et assiéger Clairac qui était un bastion du protestantisme et dont la devise est « Ville sans Roy, soldats sans peur ». Après 12 jours de siège, du 23 juillet au 4 août la ville se rendit2. À l’issue de ce siège, trois protestants considérés comme meneurs furent exécutés ; Théophile de Viau, lui-même natif de Clairac, rapporte dans un sonnet satirique de nombreux actes de torture. Aujourd’hui encore la place Viçoze porte une plaque commémorative rappelant à la tolérance.

La devise a été gravée sur la place Viçoze lors de sa rénovation en 2008.

En 1729, Louis XV augmente les revenus du chapitre de ceux de deux prieurés dépendant de l’abbaye de Clairac. La Révolution française supprime ces droits en 1791. Louis XVIII, Charles X et Napoléon III les restaureront sous forme d’une rente qui sera définitivement abolie en 1871. Depuis lors, le titre de « chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran » est porté par tous les chefs d’État français, y compris par les présidents de la République qui possèdent leur propre stalle “réservée” dans la basilique romaine.

 

 

Maison à pans de bois

Cette demeure à colombages a été édifiée à Clairac au début du XVIIe siècle, probablement pour un notable de la ville, jurat ou riche marchand, vu la qualité de sa structure à pans de bois. A la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, elle appartenait à Maître Bertrand, notaire à Clairac, qui y logeait au moins trois famille d’artisans.

Cette maison ancienne à pans de bois construite au cours du premier quart du XVIIe siècle pour un jurat ou riche marchand a été acquise en 1976 par la commune de Clairac qui souhaite la réhabiliter à des fins culturelles. L’édifice, demeure urbaine sans cour, constitue l’angle sud-ouest d’un pâté de maison aujourd’hui détruit, lui donnant un aspect dégagé.

Il comporte trois étages, et donc, quatre niveaux : rez-de-chaussée, deux étages d’habitation et combles. Un toit à croupes de tuiles creuses coiffe la construction.

A l’intérieur, chaque niveau ne comportait à l’origine qu’une seule pièce.

 

 

 

L’origine de l’abbaye de Clairac est inconnue. Fondation tantôt attribuée à Pépin le Bref, tantôt à Charlemagne, la seule certitude est que la première mention d’un abbé à sa tête date du XIe siècle. C’est le début d’une histoire mouvementée et décisive pour la ville de Clairac. L’ensemble des bâtiments semble dater du Moyen Âge. L’abbaye est en effet à cette époque riche et puissante, et ses possessions sont nombreuses dans les campagnes alentour.

 

 

 

 


Au XIXe siècle, avec les révolutions industrielles successives, un nouveau moyen de transport se développe qui a pour conséquence la redistribution durable des échanges et des voies de circulation. Le viaduc de Clairac reste emblématique de cette époque conquérante qui voit le désenclavement des vallées.

 

 

 

 

 

 

La “Font’Grand”, au bas de la rue Gambetta, est la principale source publique sous l’Ancien Régime qui a été couverte d’une voûte d’ogives de la fin du Moyen Âge. La façade classique porte la date 1636 et celle de sa réfection en 1909, encadrant une inscription en latin. À proximité, le nom « rue Esclopière », donné à une voie pentue, rappelle l’artisanat qui faisait jadis la spécificité du quartier ; La fontaine a été inscrite au titre des monuments historiques en 1996.

 

 

 

 

 

Eglise Saint-Pierre-es-Liens de Clairac

L’église paroissiale Saint-Pierre-ès-Liens est l’ancienne église abbatiale de l’abbaye bénédictine de Clairac dont l’origine remonte au VIIIe siècle. Sa construction a dû commencer à la fin du XIe siècle ou début du XIIe siècle. Les seules parties anciennes sont les murs de clôture des nefs et le croisillon nord. Ces vestiges suffisent pour révéler l’ensemble du plan. L’église de Clairac était du même type que l’église de Moirax, dont elle avait, à peu de chose près, les proportions. Les trois nefs mesuraient ensemble 18 mètres de largeur, les bas-côtés, 3,50 m, à compter du dosseret au pilier.

La Réforme va se développer dans le pays avec les prédications de Gérard le Roux ou Roussel, un picard qui avait étudié à Paris où il avait fait la connaissance de la doctrine de Luther. Il s’est réfugié auprès de la reine de Navarre Marguerite de Navarre. Cette dernière le nomme abbé de Clairac en 1530 puis évêque d’Oloron où il va propager par ses prédications les idées de la Réforme. Il meurt à la suite d’une agression au cours d’un prêche dans l’église de Mauléon. Son successeur à l’abbaye de Clairac est Geoffroy de Caumont, de la maison de La Force, qui a pris ouvertement le parti de la Réforme. Les moines ont alors apostasié en masse en 1565, puis se sont pour la plupart mariés. Les habitants de Clairac sont alors devenus protestants. L’abbaye a été pillée, puis démolie ainsi que les églises de la juridiction.

 

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